Démissionner publiquement, en se filmant, est-ce vraiment une bonne idée ? La pratique apparue sur TikTok pose d’importantes questions. Si elle traduit un changement du rapport de force entre les employeurs et les salariés, rien ne garantit qu’il soit durable et que la vidéo « rigolote » d’aujourd’hui ne devienne demain un boulet difficile à traîner (source Ouest-France).
Le« quittoking » désigne le fait de mettre en scène et diffuser sa démission sur les réseaux sociaux, notamment TikTok. Né au Royaume-Uni puis popularisé aux États-Unis, ce phénomène se développe désormais en Europe et en France. Il transforme un acte autrefois privé en un événement public pouvant être vu par des millions d’internautes.
Mais cette tendance révèle une évolution profonde du rapport au travail et des attentes des salariés vis-à-vis de leur entreprise. De nombreux collaborateurs expriment un manque de reconnaissance, une perte de sens, des conditions de travail jugées insatisfaisantes ou encore des pratiques managériales inadaptées.
Le quittoking s’inscrit dans la continuité d’autres phénomènes comme le« quiet quitting » (désengagement silencieux), mais avec une dimension beaucoup plus visible.
Cette pratique représente un risque réputationnel pour les entreprises, une seule vidéo virale pouvant dégrader leur image employeur et influencer de futurs candidats. Elle comporte également des risques pour les salariés eux-mêmes, dont les publications peuvent être consultées par de futurs recruteurs et être perçues comme un manque de discrétion ou un signe de conflictualité.
Le quittoking est révélateur d’un malaise plus profond dans les organisations. Plutôt que de le considérer comme une simple dérive des réseaux sociaux, les entreprises gagneraient à y voir un signal d’alerte les invitant à renforcer l’écoute, le dialogue, la reconnaissance et la qualité des processus de départ.
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