Alors que longtemps les employeurs ont perçu le sujet de la santé mentale comme relevant de la vie privée et les principaux concernés ont évité d’en parler de peur d’être stigmatisés, la santé mentale est devenue une préoccupation majeure et grande cause nationale en 2025 et à nouveau en 2026.
Un salarié sur quatre en France déclare souffrir de problèmes psychologiques, ces troubles représentant la première cause d’arrêts maladie longs, soit près d’un quart des arrêts de plus de trois mois.
Pour enfin prendre ce sujet à bras le corps, en août 2025, le gouvernement français et l’Alliance pour la Santé Mentale, qui fédère plus de 3 000 acteurs opérant en ce domaine, ont lancé la charte santé mentale. Cette dernière vise à promouvoir le bien-être mental au travail en engageant les entreprises à prendre des mesures concrètes pour soutenir la santé mentale de leurs salariés.
La charte vise à transformer le milieu de travail en un espace de soutien et de socialisation, contribuant ainsi à une meilleure qualité de vie au travail et à réduire l’absentéisme. La santé psychologique devient un indicateur de maturité sociale et managériale.
Les entreprises signataires de la charte s’engagent à mettre en œuvre plusieurs actions dans un délai de trois ans, dont notamment :
- Prévention et sensibilisation : promouvoir une meilleure compréhension des enjeux de la santé mentale, réduire la stigmatisation associée.
- Formation : former les managers et les employés pour mieux gérer les situations liées à la santé mentale.
- Accompagnement : mettre en place des dispositifs d’accompagnement pour les salariés en difficulté.
- Dialogue social : encourager un dialogue ouvert sur la santé mentale au sein de l’organisation, mettre en place un cadre favorable au dialogue sur la prévention, la qualité de vie, l’organisation et les conditions de travail.
Par ailleurs, les entreprises transmettront à l’Alliance durant trois ans des éléments de suivi pour comparer et favoriser les échanges de bonnes pratiques au sein du réseau.
Les 6 facteurs de RPS
N’oublions pas que parmi les six facteurs de risques psychosociaux communément identifiés, la surcharge de travail est le premier risque professionnel qui affecte la santé mentale en provoquant un stress chronique. La vigilance permanente active la sécrétion de l’hormone du stress, le cortisol, dont la surproduction entraîne fatigue, irritabilité et troubles du sommeil. Et c’est la surchauffe, un peu à l’image d’une batterie de téléphone.
Les rapports sociaux au travail dégradés qui signifient relations conflictuelles, perspectives de carrière réduites ou déficit de reconnaissance ainsi que l’insécurité de la situation de travail avec la peur de perdre son emploi, les changements récurrents, l’incertitude sur l’avenir de son métier font aussi partie de ces six facteurs de risques. Toute ressemblance avec des faits existants ou ayant existé…
En plus des actions et des outils de prise en charge du mal-être une fois qu’il est installé, les actions de prévention primaire ont alors un rôle primordial à jouer dans la santé mentale des salariés, en limitant ou empêchant sa survenue.
À ce jour, ce sont 173 entreprises qui ont signé cette charte, Engie n’en fait pas encore partie. Alors qu’attend notre entreprise pour rejoindre le mouvement sachant qu’elle promeut à tous les niveaux son engagement pour la santé mentale et physique de ses salariés ?
Le gouvernement a décidé de faire de la santé mentale une grande cause nationale en 2025 et a prolongé cet engagement en 2026. Autour du slogan « Parlons santé mentale ! », il s’agissait de faire avancer la compréhension et la prise en charge de ce sujet à travers une année d’actions, afin de montrer que la santé mentale est l’affaire de tous.


