Cette décision divise déjà.Entre avantages économiques et impacts sur l’emploi, la réduction du temps de travail des séniors divise. Comment concilier bien-être et productivité pour cette population de salariés pour laquelle l’expérience se heurte aux défis de l’âge, mais aussi souvent oubliée ? Pour tenter de répondre à la question, le gouvernement envisage de mettre en place la possibilité d’ un « temps partiel renforcé » dès 55 ans qui suscite autant d’espoir que de controverses.
Concrètement, les salariés concernés pourraient travailler à 80 % d’un temps plein tout en percevant 90 % de leur salaire. Les cotisations retraites resteraient calculées sur la base d’un temps complet, protégeant ainsi les droits futurs à la retraite.
Par cette mesure, le gouvernement entend faciliter le maintien dans l’emploi des salariés seniors, tout en incitant les entreprises à conserver leur expérience et leur expertise qui repose principalement sur cette population de salariés. Exit le « place aux jeunes » , le nouveau modèle souhaité est bien la cohabitation entre toutes les générations.
Il existe déjà un dispositif de retraite progressive, mais ce dernier repose sur des critères stricts (150 trimestres cotisés, activité entre 40 % et 80 %) et n’a pas connu, à ce jour, un franc succès. Le temps partiel renforcé offre quant à lui, en plus d’une accessibilité dès 55 ans, des conditions simplifiées et un calcul avantageux des cotisations. Sa mise en œuvre impliquerait pour les entreprises de devoir envisager une nouvelle organisation du travail en termes de santé au travail, de valorisation et de transmission des compétences.
Mais voilà, plus globalement, favoriser le maintien dans l’emploi des seniors, qui ont plus de difficultés que les autres à accéder à l’emploi, tout en préservant la politique d’insertion des jeunes peut représenter un défi pour les entreprises qui illustre bien les tensions d’une société en mutation. Il n’en reste pas moins que repenser l’emploi des séniors, c’est redéfinir collectivement la valeur de l’expérience dans un monde en perpétuelle accélération.
Source La Pasturgie – 15 mars 2025