La récente décision du gouvernement de prolonger la grande cause nationale dédiée à la santé mentale en 2026 s’inscrit clairement dans la continuité du mouvement lancé en 2024–2025 par Michel Barnier. Cette reconduction a été annoncée par Matignon en novembre 2025.
Le gouvernement, conscient du réel retard du système de soins et de la nécessité de normaliser la santé mentale dans le débat public, justifie cette prolongation par l’ouverture d’un « nouveau chapitre », marqué par une parole plus directe et moins stigmatisante sur la santé mentale.
L’objectif pour 2026 est de transformer la volonté en actions visibles et efficaces. Il réaffirme la nécessité d’aller plus loin en renforçant la coordination interministérielle, en amplifiant le soutien aux familles et en soutenant d’avantage les initiatives locales, des écoles aux associations, en passant par les entreprises. Cela sous-entend aussi de mieux faire connaître des ressources d’aide et d’intégrer la santé mentale à toutes les politiques publiques.
Depuis le début de la grande cause nationale, « les actions n’ont pas été assez vite par rapport aux difficultés sur le territoire » et « on prend du retard sur la santé mentale déjà des jeunes » avait alors alerté Nicole Dubré-Chirat, présidente de la commission d’enquête.
Pourtant, en juin 2025, le gouvernement avait dévoilé un plan pour mieux repérer et soigner les troubles psychiques et rendre plus attractive la psychiatrie publique, mais sans convaincre nombre de soignants et d’acteurs, qui ont regretté des mesures trop peu ambitieuses et une insuffisance de moyens financiers. « Emmanuel Macron a considéré cette thématique à travers le prisme de la communication, en oubliant que la santé mentale s’éprouve, dans l’écoute de la population, la présence auprès des professionnels et le déploiement de moyens concrets et durables. A contrario, ce n’est pas en multipliant les dispositifs que l’on touche aux causes structurelles. Sur le terrain, le constat est très préoccupant » réagit Anne-Sophie de Surgy, psychologue et secrétaire nationale à la santé mentale du PS.
La dissension entre communication et réalité de terrain est très forte. Le gouvernement promet une refondation profonde, mais les acteurs de terrain constatent qu’elle ne peut réussir sans plan massif de recrutement, de revalorisation et de formation. La contradiction entre discours public, dynamique et moyens effectifs demeure un point de friction majeur.


